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Le canal Louis XIV

Historique du canal Louis XIV

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Peu d'Euréliens connaissent l'existence des vestiges d'un canal inachevé, traversant notre département sur une quarantaine de kilomètres entre Pontgouin et Maintenon.
Depuis 1662, Louis XIV ne cesse d'embellir le château de Versailles et de multiplier dans le parc, bassins et fontaines. Mais un élément majeur fait défaut sur le site : la présence de l'eau. Louis XIV devra lutter en permanence contre la nature pour qu'elle lui fournisse le précieux liquide dont il a tant besoin.


Après avoir épuisé toutes les ressources locales en eau, il va devoir faire appel à toutes les énergies de l'époque : création de réseaux gravitaires de rigoles et d'étangs sur plusieurs milliers d'hectares, construction de la Machine de Marly, qui remontait l'eau de la Seine pour approvisionner Versailles.
En 1684, malgré tous ces travaux l'alimentation en eau reste insuffisante face au désir du Roi de multiplier sans cesse le nombre de fontaines et de bassins. Aussi de nouvelles recherches aboutissent au détournement de l'Eure qui permettrait définitivement d'assurer un débit fiable et constant.


Les études de nivellement confiées à Philippe de la Hire démontrent que le défit technique est réalisable. Aussi Louvois propose de construire un canal depuis Pontgouin, situé à 80 kms de Versailles à vol d'oiseau.
Il confie la réalisation des travaux à Vauban (surtout connu pour ses fortifications de villes et de ports).
A cette époque, la France connaît une période de paix qui permet à Louis XIV, pour réaliser ce projet, de mettre une partie de l'armée au

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service de Vauban, soit environ 20 000 hommes, à laquelle viendra s'ajouter une main d'œuvre civile très nombreuse, le tout constituant, sur le parcours de l'ouvrage, une fourmilière assez hétéroclite.


 
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Très souvent en désaccord avec Louvois, Vauban a la lourde charge de mener à bien ce chantier. Il fait recenser localement toutes les carrières susceptibles de fournir les matériaux nécessaires : pierres, chaux, briques.
On trouve la pierre dans le secteur d'Epernon, la chaux près de Gallardon dans les carrières de Germonval.

Le réseau routier n'étant pas approprié au transport de lourdes charges, Vauban va privilégier le transport par voie d'eau. Il fait canaliser la Voise, la Drouette et aménager le cours de l'Eure en aval de Maintenon. Ainsi les matériaux arriveront jusqu'au pied de l'aqueduc.


Si le projet ne pose guère de problèmes jusqu'à Berchères la Maingot (le canal de déblai suit les courbes de niveau) au-delà, le tracé du canal retrouve la vallée de l'Eure, qu'il devra franchir avant de rejoindre l'étang de la Tour près de Rambouillet. De là, l'eau s'écoulera jusqu'à Versailles en utilisant le réseau des rigoles et d'étangs déjà existant.
Le premier projet pour franchir cet obstacle est digne des romains, voire des chinois : un aqueduc maçonné, d'une longueur de 17

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kilomètres et de 73 mètres de hauteur au dessus de l'Eure à Maintenon.

Ce projet de franchissement de la vallée de l'Eure sera modifié à plusieurs reprises pour finalement adopter le principe de siphon (préconisé dès le départ par Vauban).
Le projet initial de construire un ouvrage maçonné de 17 kilomètres étant abandonné, il faudra élever sur plusieurs kilomètres de gigantesques remblais de terre (parfois hauts de 15 mètres) permettant au canal de continuer sa course (de pente très faible : 15 à 17 centimètres au kilomètre).


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Le travail est pénible ; on déplore de nombreux malades et de morts parmi la troupe. On ouvre un hôpital de campagne à Saint-Piat, une partie de l'Abbaye de Coulombs est occupée pour y soigner blessés et malades.
Les travaux avancent rapidement, le tronçon Pontgouin- Berchères-la-Maingot peut être mis en eau, les Terrasses (remblais) sont bien avancées, le premier étage de l'aqueduc de Maintenon est presque terminé, mais en 1688 la Troupe doit repartir aux frontières faire  face à la Ligue d'Augsbourg. Après la guerre, l'état des finances de l'Etat ne permettra pas la reprise des travaux.

 
Malgré les trois siècles écoulés, ce canal inachevé laisse encore apparaître dans notre département de nombreux vestiges sur les 40 kilomètres de son parcours.



 

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